Mercosur : Natacha Polony tacle la stratégie d’Emmanuel Macron

Le rejet des motions de censure n’aura pas suffi à éteindre la polémique. Natacha Polony accentue la pression publique sur Emmanuel Macron, l’accusant de naviguer à vue. Sa critique est tranchante : pour elle, le chef de l’État faillit à défendre clairement les intérêts français dans l’épineux dossier du libre-échange avec le Mercosur. L’ironie est de mise chez la journaliste, dont le talent pour les formules grinçantes ne connaît aucun répit dès que la cohérence présidentielle vacille. Selon elle, Emmanuel Macron aurait adopté une attitude “caméléon”, jonglant entre le discours de fermeté à Bruxelles et les hésitations dès que la colère gronde dans l’Hexagone.

Ce coup de griffe intervient alors que les débats sur le Mercosur polarisent encore et toujours la société française. Le rejet par les députés des deux motions – 256 voix pour celle de LFI, 142 pour celle du RN, bien loin de la majorité de 288 requise – démontre la solidité du gouvernement sur sa ligne. Pourtant, le fossé se creuse : la grogne des agriculteurs reste vive, tout comme la suspicion partagée par certains députés, notamment de l’opposition, autour de la stratégie présidentielle.

La cible, dans les mots de Polony, est claire : Emmanuel Macron incarnerait davantage un président de la synthèse qu’un chef d’État visionnaire, assumant une ligne claire face aux enjeux de souveraineté agricole. Sa prise de parole ne laisse nul doute quant à sa volonté de faire porter le débat sur la scène publique, appelant à plus de transparence sur les négociations menées à Bruxelles.

La bataille politique autour du Mercosur relancée à l’Assemblée

Au-delà de la joute entre Natacha Polony et le président, c’est toute la cartographie politique qui se réactive. La tentative de faire chuter le gouvernement sur la question du Mercosur, pilotée par La France insoumise et le Rassemblement national, se solde par un échec arithmétique patent. Aucun soutien de taille du côté du Parti socialiste ou des Républicains, preuve qu’au jeu des alliances, la majorité présidentielle – incarnée par le Premier ministre Sébastien Lecornu – a su garder le cap.

Le vote du 14 janvier 2026 aura pourtant eu un mérite : replacer la question du libre-échange et de la souveraineté au cœur du débat national. Insuffisant pour menacer la stabilité gouvernementale sur le moment, mais assez marquant pour jeter une ombre durable sur le positionnement d’Emmanuel Macron. La suite du feuilleton se jouera dès maintenant au Parlement européen, où la présidente Ursula von der Leyen prend le relais. Des recours restent possibles, signe que rien n’est réellement figé et que la saga du Mercosur n’a pas dit son dernier mot – la mobilisation agricole pourrait bien rebondir à nouveau.

Dans ce contexte, la France laisse apparaître les failles de son modèle décisionnaire : tensions entre exécutif et parlementaires, mais aussi entre Paris et Bruxelles. Les regards se tournent désormais vers la suite de la procédure européenne, déterminante pour le rapport de force entre agro-industrie, écologistes et europhiles convaincus.

Sources : Le Monde