
“J’ai mis du temps à l’écouter” : Jérémie Balavoine livre ses vérités sur la musique de son père, 40 ans après
« Moi, en toute honnêteté, les chansons qu’il a écrites pour moi, pour ma mère, je m’y suis très peu intéressé. J’ai mis beaucoup de temps à vraiment écouter ce qu’il a fait. »
Un détachement nécessaire pour grandir
Ce détachement n’était pas un rejet, mais un besoin de se construire :
« Déjà, ce n’était pas mon style quand j’étais plus jeune. Et puis petit à petit… je ne sais pas, c’est l’inconscient. On me disait tout le temps que je reconnaissais ses morceaux à un an et demi, deux ans, donc j’ai dû chercher. »
Avec le temps et sa propre pratique musicale, Jérémie a fini par dépasser la simple reconnaissance d’une voix ou de paroles, pour saisir pleinement la profondeur et la dimension sociale de l’œuvre de Daniel Balavoine.
Exister “loin de l’ombre” de son père
L’un des moments les plus forts de son témoignage concerne le défi de forger sa propre identité artistique :
« Le plus compliqué pour moi a été d’avoir réussi à exister sans l’ombre, loin de l’ombre. Heureusement, j’ai eu la chance de réaliser assez vite qu’il allait falloir que je me fasse un prénom si je voulais faire quelque chose. »
Aujourd’hui, Jérémie affirme qu’il ne renie rien : ni son héritage, ni sa propre voie créative.
Un héritage qui vit encore aujourd’hui
À travers ses mots, on sent une paix retrouvée. L’artiste qu’il est devenu se nourrit de son histoire, non plus comme d’un fardeau, mais comme d’un pouvoir de transmission et de compréhension :
En réécoutant maintenant que j’avais fait de la musique pendant longtemps, j’ai écouté plus que sa voix, plus que les mots… et je suis vraiment rentré dans ce qu’il avait apporté.
Ce témoignage, poignant et sincère, éclaire une relation familiale et artistique complexe, où la distance a permis à l’homme et au musicien de se rencontrer pleinement.





