Les réactions politiques et les risques d’un recours inédit à l’ordonnance
Dans ce climat électrique, la stratégie prônée par Emmanuel Macron ne fait pas l’unanimité au sein de la majorité. Plusieurs députés macronistesmettent en garde : l’ordonnance, si elle met fin à la paralysie à court terme, risque de pérenniser les tensions et les impasses durant les lois de finances futures. Pour certains, elle aurait même un effet boomerang, privant l’Assemblée nationale de son rôle de contrôle et attisant des fractures profondes dans la vie démocratique.
La contestation vient aussi de la gauche. Le Parti socialiste, par la voix de Boris Vallaud, chef de file des députés, brandit la menace d’une motion de censure si l’ordonnance était utilisée. Derrière cette initiative, un angle d’attaque politique : accuser l’exécutif d’affaiblir le Parlement et de laisser le champ libre à une extrême droite en embuscade.
Concrètement, même si le gouvernement devait tomber suite à cette motion, l’ordonnance budgétaire, elle, resterait en vigueur, verrouillant le budget pour l’année et empêchant toute annulation parlementaire. Ce scénario, jugé inflammable, nourrit l’inquiétude des opposants, qui dénoncent un contournement méthodique de la représentation nationale.
Dans les couloirs du pouvoir, les débats se tendent : faut-il privilégier l’efficacité ou préserver coûte que coûte le jeu démocratique ? Une chose est sûre, cette séquence inédite laisse présager un débat institutionnel et politique majeur. Les prochains jours s’annoncent décisifs, alors que l’Assemblée pourrait voir son rôle redéfini en profondeur.
Sources : RTL, Contexte






