Élections municipales 2026 : La police municipale, bras armé (ou pas) des maires pour parler de sécurité

Un peu plus à l’ouest, le discours est le même. « C’est normal qu’un maire nous mette en avant. Nous sommes une police politique. Nous sommes utilisés et nous sommes là pour servir leur politique », reconnaît Jérôme Jourdan, policier municipal et responsable FO à Rennes. La police municipale serait-elle une milice au service des maires ? « Non, nous ne sommes pas une milice. Mais c’est vrai que le maire est libre de ses orientations. C’est lui qui définit sa politique de sécurité », assure le Lyonnais Bertrand Debeaux.

Directeur d’une police municipale, Sofiane (le prénom a été modifié) rappelle que les maires « ne décident pas seuls ». « Nous sommes là pour les conseiller, les aiguiller ». Lui qui est membre de l’Association nationale des cadres territoriaux de la sécurité reconnaît qu’il n’existe « pas une » mais « plusieurs polices municipales » selon les villes. « Il manque une doctrine harmonisée », plaide le directeur.

La police municipale est de plus en plus sollicitée la nuit par les maires qui veulent renforcer les effectifs de sécurité.
La police municipale est de plus en plus sollicitée la nuit par les maires qui veulent renforcer les effectifs de sécurité.  - Syspeo/Sipa

L’exemple le plus parlant de ces différences est sans doute celui de l’armement. Alors que certaines villes ont rapidement doté leurs agents municipaux d’un pistolet 9 mm, d’autres ont longuement hésité (avant de le faire) et certaines refusent encore. La France insoumise propose même de désarmer l’ensemble des policiers municipaux dans les villes qu’elle serait amenée à gouverner. Tollé chez les policiers. « Ce que l’on demande, c’est de pouvoir faire ce qui est écrit sur notre écusson : protéger et servir. Avoir une arme, ça ne fait pas de moi un super policier. Mais ça me permet d’intervenir », répond Bertrand Debeaux. « On est exposés à la même violence, à la même délinquance et au narcotrafic. Même si on ne nous demande pas d’intervenir, on nous envoie dans les quartiers. Mais on n’a pas les moyens de lutter. L’armement létal, c’est un vrai sujet », rappelle Jérôme Jourdan, en poste à Rennes, où seuls le taser, la gazeuse et le tonfa sont autorisés.

 

Une loi qui doit évoluer rapidement

En entendant les promesses des candidats, les policiers municipaux aiment aussi rappeler que leur statut n’a toujours pas évolué. Une loi visant à étendre leurs prérogatives devrait être débattue au Sénat d’ici la fin du mois. Le texte, qui date de 1999, ne leur permet pas de contrôler l’identité d’un individu qui commettrait un délit ou un crime (mais seulement des faits relevant d’une contravention). « La loi de 1999 est dépassée. On doit sans cesse faire appel à nos collègues de la police nationale. On perd un temps fou et eux aussi », rappelle Sofiane. La nouvelle loi est très attendue. Par les policiers. Mais aussi par les maires.