Ce que l’on sait du sort d’Erfan Soltani, ce manifestant iranien qui avait été condamné à mort

« Ennemis de Dieu », un argument de la charia pour la peine de mort

Les groupes de défense des droits humains dénoncent une privation des droits fondamentaux d’Erfan Soltani, notamment « l’accès à un avocat, le droit à la défense et les autres garanties essentielles d’une procédure régulière ». Les autorités auraient également empêché la sœur du jeune homme, avocate, d’accéder à son dossier.

Une autre annonce du parquet iranien avait justement alerté les ONG, ce mardi 13 janvier. L’autorité déclarait qu’un nombre indéterminé de manifestants seraient poursuivis pour « moharebeh », un mot qui pourrait se traduire en français par « ennemi de Dieu ». Il s’agit de l’un des chefs d’accusation les plus graves en Iran, passible de la peine de mort. Ce chef d’accusation relèverait en fait d’un fourre-tout législatif venant de la charia, la loi islamique.

« Le régime iranien doit renoncer à cette mise à mort […] Faisons connaître ce nom et ce visage, ce sont ceux d’un jeune homme qui n’aspire qu’à vivre libre. Comme lui, pas moins de 10 000 manifestants sont retenus dans les geôles iraniennes. Et risquent le même sort », avait d’ailleurs écrit dans une publication X le chef du parti Renaissance, Gabriel Attal.

Amnesty International a demandé à l’Iran de « surseoir immédiatement à toutes les exécutions, y compris celle d’Erfan Soltani ».

« Les tueries ont pris fin » selon Trump

Le sort d’Erfan Soltani ainsi que celui des autres manifestants arrêtés est désormais en stand-by, et les sons de cloche semblent différer entre les membres du régime. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi avait affirmé qu’il n’y aurait « pas de pendaison » mercredi ou jeudi, dans une interview à la chaîne américaine Fox News. « Tout individu présent dans les rues depuis le 8 janvier est sans aucun doute considéré comme un criminel », a pour sa part lancé mercredi le ministre de la Justice, Amin Hossein Rahimi.

Selon Donald Trump, « les tueries ont pris fin » et l’exécution prévue des manifestants n’aura « pas lieu », a-t-il annoncé ce mercredi 14 janvier de « sources très importantes ». Un responsable gouvernemental iranien avait affirmé mercredi qu’aucune nouvelle « émeute » (ndlr : terme employé par le régime pour parler des manifestations) n’avait eu lieu depuis le lundi, rapporte TV5 Monde.

Les États-Unis avaient menacé de mettre en place une intervention militaire dans le cas où la répression brutale menée par le régime ne prenait pas fin. « On observera ça et on verra quelle est la suite », a-t-il ajouté, ne fermant pas totalement la porte à une intervention américaine.